Le blues est une forme musicale vocale et instrumentale, dérivée des chants de travail et des gospels des populations afro-américaines. C'est un style où le/la chanteur-euse expriment leur tristesse et leurs coups durs (d'où l'expression « avoir le blues »). Le blues a eu une influence majeure sur la musique populaire américaine, puisque l'on en retrouve des traces dans le jazz, le rhythm and blues, le rock and roll, le hard rock, la musique country, la soul, les musiques pop ou de variété et même la musique classique.
Étymologie
Le terme "blues" vient de l'abréviation de l'expression anglaise Blue devils (littéralement "démons bleus "), qui signifie "idées noires ". Cela renvoie aussi à l'amour pour le diable ce qui exerce un sentiment de spiritisme, d'où les "idées noires". Ce sentiment est dangereux car il peut provoquer une mort soudaine en excès. Les personnes touchées sont les personnes vivant en solitude. L'expression "coup de blues" signifie avoir reçu sur la tête, avec un choc violent, une personne qui déprime. à la recherche de la note "bleue". Il s'agit de la quarte augmentée de la tonalité principale du morceau. Elle donne une sonorité particulière caractéristique du blues. James Lincoln Collier, dans L'Aventure du Jazznous dit que les notes bleues de la gamme de blues sont des notes à part entières "hors du ton" - ni diminuées ni augmentées - qui remplacent la tierce et la septième de la gamme diatonique et non la quarte comme dit plus haut. Elle a probablement pour origine la musique africaine dans laquelle le tempérament n'existait pas et fut probablement introduite au début du blues par les esclaves noirs américains. Il faudrait vendre son âme au diable pour pouvoir jouer et trouver cette "note bleue". L'instrumentiste tente d'imiter la complainte du chanteur. L'une des plus anciennes références au blues se retrouve dans une farce de George Colman le Jeune, Blue devils, a farce in one act (1798). Plus tard, au cours du XIXe siècle, l'expression était employée comme euphémisme pour désigner le delirium tremens ou la police.
L'utilisation de l'expression dans la musique noire américaine remonte au moins à 1912 à Memphis dans le Tennessee avec le morceau de William Christopher Handy, « Memphis Blues ». Dans les paroles, le mot blues traduit un état d'âme mélancolique.
Histoire du blues:
Origines du blues
Les plus anciennes formes de blues provenaient du Sud des États-Unis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ces formes étaient le plus souvent orales, accompagnées parfois par un rythme donné par des instruments rudimentaires. C'est principalement dans les champs de coton de la région du delta du Mississippi (entre Senatobia et Clarksdale) que ces formes prennent des tours de plus en plus complexes. L'une des formes antérieures au blues est le Fife and Drums joué dans la région Hill Country du Mississippi (il s'agit d'un ensemble de percussions guidé par un fifre en bambou, instrument que jouait le maître en la matière, Othar Turner).
Il y eut d'autres formes de blues avec des instruments rudimentaires (le "diddley bow", une corde fixée sur une planche). Puis le blues a évolué avec des instruments simples, tels que la guitare acoustique, le piano et l'harmonica. La légende raconte que l'un des guitaristes bluesmen, Robert Johnson, aurait signé un pacte avec le diable ce qui lui aurait permis de devenir un virtuose du blues (blue devils : c'est une musique liée aux forces maléfiques qui était fuie et rejetée par beaucoup de personnes aux États-Unis).
W.C. Handy fut l'un des premiers musiciens à reprendre des airs de blues, à les arranger et les faire interpréter par des chanteurs avec orchestres. Il fut également l'auteur de morceaux parmi les plus célèbres, tel le fameux Saint Louis Blues.
Du point de vue des textes, les premiers blues consistaient souvent à répéter un même vers deux ou trois fois, comme par exemple :Woke up this morning with the Blues down in my soul / Woke up this morning with the Blues down in my soul / My baby gone and left me, got a heart as black as coal
Les années 1920 et 1930 virent l'apparition de l'industrie du disque, et donc l'accroissement de la popularité de chanteurs et guitaristes tels que Blind Lemon Jefferson et Blind Blake qui enregistrèrent chez Paramount Records, ou Lonnie Johnson chez Okeh Records. Ces enregistrements furent connus sous le terme de race records (musique raciale), car ils étaient destinés exclusivement au public afro-américain. Mais les années 1920 connurent également des chanteuses de blues extrêmement populaires, telles que Gertrude « Ma » Rainey, Bessie Smith et Victoria Spivey.
Blues urbain d'après guerre:
Après la Seconde Guerre mondiale, l'urbanisation croissante et l'utilisation des amplificateurs pour la guitare et l'harmonica menèrent à un blues plus électrique (tel que le Chicago Blues), avec des artistes comme Howlin' Wolf et Muddy Waters. C'est ce blues électrique qui donnera plus tard ses racines au rock and roll.
Vers la fin des années 1940 et pendant les années 1950, les noirs américains ont déménagé vers les villes du nord comme Chicago et Détroit, pour y trouver du travail. Dans les villes comme Chicago, Détroit et Kansas City, un nouveau style de blues « électrique » fut crée, qui utilisait la voix, la guitare électrique, la basse électrique, la batterie et l'harmonica amplifié avec un micro et un ampli. J. T. Brown, qui jouait avec les groupes d'Elmore James et J.B. Lenoir a aussi utilisé des saxophones, mais plutôt comme des instruments d'accompagnement que des instruments solos.
Le style de blues urbain de Chicago fut bien influencé par le blues du Mississippi, d'où sont venus des musiciens comme Howlin' Wolf, Muddy Waters, Willie Dixon, et Jimmy Reed. Les harmonicistes comme Little Walter et Sonny Boy Williamson (Rice Miller) étaient bien connus dans les clubs de blues à Chicago. Les autres joueurs d'harmonica, comme Big Walter Horton et Sonny Boy Williamson, avaient aussi beaucoup d'influence. Muddy Waters et Elmore James jouaient de la guitare électrique avec un « slide » ou « bottle neck » ; l'exercice consiste à jouer les notes sur le manche en posant un bout de métal ou un goulot de bouteille sur les cordes. B. B. King et Freddy King n'ont pas utilisé le « slide ». Les chanteurs Howlin' Wolf et Muddy Waters marquèrent le blues de leurs voix rauques et fortes.
Le contrebassiste et compositeur Willie Dixon a eu un grand impact sur l'environnement musical de Chicago. Ses chansons comme Hoochie Coochie Man, I Just Want to Make Love to You (écrite pour Muddy Waters), Wang Dang Doodle (pour Koko Taylor), et Back Door Man (pour Howlin' Wolf) sont devenus des « standards » de blues. Plusieurs artistes de Chicago Blues enregistrent leurs disques avec Chess Records.
Le style de blues urbain des années 1950 a eu un grand impact sur la musique populaire des musiciens comme Bo Diddley et Chuck Berry. Aussi, le style de blues urbain des années 1950 a influencé le style de musique de Louisiane de zydeco, surtout Clifton Chenier. Les musiciens comme T-Bone Walker (de Dallas) étaient plus associés au style de blues de la Californie, qui est plus « smooth » que le style de blues de Chicago.
Les blues de John Lee Hooker étaient plus individuels que le style de blues de Chicago. À la fin des années 1950, le swamp blues s'est développé près de Baton Rouge avec des artistes comme Slim Harpo, Sam Myers et Jerry McCain. Le swamp blues était plus lent, avec un style d'harmonica moins complexe que dans le Chicago Blues. Les chansons du style les plus connues sont Scratch my Back, She's Tough et King Bee.
Le jump blues était un autre développement du blues de cette période qui a influencé la musique populaire. Le jump blues était un hybride populaire du swing et du blues, mettant en vedette des chansons "up-tempo" orchestrées pour des big bands. Le musicien de ce genre qui a le plus influencé la musique populaire était Big Joe Turner, qui a enregistré la version originale de "Shake, Rattle, and Roll, " Ruth Brown, et LaVern Baker ("Tweedle Dee").
Années 1960 et 1970
Lors des années 1960, les genres de musique influencés ou créés par les noirs américains, comme le rock and roll et la soul music sont devenus populaires. Les musiciens blancs ont popularisé beaucoup de styles des américains noirs aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Dans les années 1960, une nouvelle génération d'enthousiastes du blues apparaît en Europe et en particulier en Angleterre. Les principaux acteurs de ce que l'on appelle alors le British Blues Boom sont les Yardbirds, les Bluesbreakers menés par John Mayall ou encore les Animals, Fleetwood Mac (1ère période avec Peter Green), Chicken Shack, et incluent de nombreuses stars de la pop et du rock à venir Jimmy Page, Eric Clapton ou Jeff Beck (tous trois membres successivement des Yardbirds) qui intègrent à leur musique des influences psychédéliques et pop.
Il ne faudrait pas oublier les Rolling Stones, The Pretty Things, Them, Ten Years After, The Small Faces, Alexis Korner, The Kinks,...
Ces groupes de blues d'Europe et surtout d'Angleterre ont influencé plusieurs groupes aux États-Unis, qui ont mélangé également le blues et le rock, comme Canned Heat, Janis Joplin, Johnny Winter, The J. Geils Band, Ry Cooder et le virtuose de la guitare électrique et inventif Jimi Hendrix.
À la fin des années 1960, le style West Side Blues fut créé à Chicago par des artistes comme Magic Sam, Magic Slim et Otis Rush. Le West Side Blues de Albert King, Buddy Guy et Luther Allison était caractérisé par une guitare électrique forte.
Aux États-Unis, les guitaristes et chanteurs B.B. King, John Lee Hooker, et Muddy Waters se présentaient encore sur scène, et leurs performances ont inspiré une nouvelle génération de musiciens, comme le New-Yorkais Taj Mahal. L'ère des « Civil Rights » a augmenté l'auditoire des blues traditionnels, et des festivals tels que le Newport Folk Festival ont programmé des prestations de « grands » comme Son House, Mississippi John Hurt, Skip James, ou le Reverend Gary Davis. J.B. Lenoir a enregistré des chansons qui touchaient aux thèmes du racisme ou de la guerre du Viêt-Nam.
Des artistes américains comme Janis Joplin ou Jimi Hendrix, tous influencés à la fois par le blues traditionnel et le blues électrique, firent découvrir cette musique au jeune public de l'époque. L'interprétation que les artistes de cette génération donnèrent au blues aura plus tard une influence très forte sur le développement du rock and roll.
Années 1980-présent
Pendant les années 1980 le blues — tant traditionnel que contemporain — a continué d'évoluer à travers le travail de Robert Cray, Bonnie Raitt, Taj Mahal, Ry Cooder, Albert Collins, Keb 'Mo', Jessie Mae Hemphill, Kim Wilson, Ali Farka Touré et bien d'autres.
Le style de blues « Texas rock-Blues » a été créé dans les années 1980, qui utilise les guitares solo et d'accompagnement en même temps. Le style Texas a été fortement influencé par le Blues-rock d'Angleterre (e.g., John Mayall). Les artistes importants du style Texas Blues étaient Stevie Ray Vaughan, The Fabulous Thunderbirds et ZZ Top.
Lors des années 1980 John Lee Hooker a retrouvé sa popularité, grâce à ses collaborations avec Carlos Santana (Cd The healer), Miles Davis, Robert Cray et Bonnie Raitt. Eric Clapton (anciennement des Blues Breakers et du groupe Cream) est redevenu populaire dans les années 1990 avec son album pour MTV Unplugged, où il joue quelques chansons traditionnelles, entre autres succès, sur une guitare acoustique.
Pendant les années 1980 et 1990, des « Blues scenes » furent créés partout aux États-Unis, au Canada, et en Europe. Ces « Blues scenes » comprenaient des revues de Blues (e.g., Living Blues et Blues Revue), les sociétés de blues, des festivals de blues, et des clubs où est joué du blues.
Structures musicales du blues
D'un point de vue technique, le blues repose sur trois éléments : un rythme souvent ternaire syncopé, l'harmonie en I-IV-V (les notes "tonales" de la tonalité, connues depuis les grecs antiques), et la mélodie qui utilise la gamme blues et les "notes bleues".
Le blues a eu une influence sur une très large variété de styles musicaux, qui intégrèrent dans des proportions variables l'un ou plusieurs de ces éléments. Si l'on ne peut alors plus parler de blues on utilise fréquemment le qualificatif bluesy pour indiquer cette coloration particulière. Il est à noter par ailleurs qu'au-delà de stricts canons techniques, le blues se caractérise souvent - mais pas toujours - par une humeur teintée d'une certaine langueur ou mélancolie.
Rythme
Le blues repose sur un rythme ternaire syncopé. Chaque temps est donc découpé en trois croches dont on ne marque que la première et la troisième. Si le rythme peut être plus ou moins rapide, le blues est traditionnellement joué assez lentement. Le terme de shuffle indique généralement un tempo moyen. Quant au boogie, c'est en général une cadence plus appuyée.
Harmonie
Le blues traditionnel est formé à partir d'une cadence de 3 accords, qui se répètent sur douze mesures. Dans ce cas on parle de « 12 bar Blues ». Ces accords, désignés par les chiffres romains I-IV-V, sont les premier, quatrième et cinquième de la gamme majeure correspondant à la tonalité du morceau. Les sonorités les plus communément employées sont les accords de septième. Dans ses formes un peu plus élaborées, le Blues recourt fréquemment à des accords de neuvième, voire à d'autres types d'accords.
La structure la plus simple suit généralement la forme suivante :
do do do do
fa fa do do
sol fa do do
ce qui pour un Blues en La donnerait par exemple (notation anglosaxonne):
A A ou D7 A A7
D7 D7 A A
E7 D7 A A ou E7
La variation introduite à la seconde mesure (à l'accord IV) s'appelle un quick change (changement rapide en anglais). Cette structure dépouillée permet de souligner l'interprétation et de laisser une large place à l'improvisation et aux solos.
Mélodie
La gamme blues traditionnelle est simplement une gamme pentatonique mineure à laquelle on a ajouté une note. C'est cette dernière (la quinte diminuée) qui donne la couleur blues au morceau, d'où son nom de blue note (« note bleue »). Certains auteurs, notamment Le Roi Jones dans son livre Le Peuple Blues, avancent la théorie que ce serait là une tentative d'adaptation d'une gamme propre à la musique traditionnelle africaine.
Les 5 + 1 notes de la gamme blues sont donc : T + 1,5 + 1 + 0,5 (blue note) + 0,5 + 1,5 (+ T).
E.g. en Do: Do - Mib - Fa - Solb (blue note) - Sol - Sib (- Do). Si l'on parle de quinte diminuée, il ne faut pas dire Fa# mais sol bémol : do-fa# étant une quarte augmentée. Mais le son est exactement le même, c'est une enharmonie (sauf si les instruments sont accordés selon un tempérament inégal).
L'autre gamme fréquemment utilisée en Blues est la pentatonique majeure. Ce n'est pas la quinte diminuée qui est la note bleue. D'ailleurs il y a deux notes bleues par mode. Ce sont la tierce mineure et la septième mineure. Pour Do : do - ré - mib - fa - sol - la - sib. La fonction harmonique reste majeure malgré ces deux intervalles mineurs et c'est ce qui donne la couleur du Blues. Si l'on joue la pentatonique majeure sur la tierce mineure on obtient effectivement ces notes bleues. Toujours pour Do : mib - fa - sol - sib - do. La quinte diminuée — en l'occurrence fa# — est une passing note mais n'est pas la note bleue. La plupart des Blues sont en modes majeurs pour l'accompagnement alors que les mélodies sont chantées sur la gamme pentatonique avec la note bleue. Il existe cependant de fameux Blues en mineur par exemple : As the Years Go Passing By par Albert King.
Instruments
Bien que le blues puisse être interprété sur tout type d'instrument, certains sont traditionnellement plus utilisés que d'autres :
la guitare : guitare acoustique pour le blues traditionnel ou, à partir des années 50 la guitare électrique, branchée à un amplificateur qui ajoute des caractéristiques tonales comme la distorsion.
l'harmonica, acoustique ou utilisé avec un microphone et un amplificateur.
le piano et autres instruments à clavier comme l'orgue Hammond (dès les années 1960 et 1970) ou le piano électrique (à partir des années 1970).
Le blues dans la musique rock
L'influence du blues sur le rock and roll et ses dérivés est fondamentale, et s'est confirmée et renforcée à plusieurs époques :
Tout d'abord, le rock and roll est issu du blues, mélangé à la fin des années 40 avec des musiques « blanches » comme la country music. Au départ, la différence entre les deux styles est mince, à tel point que de nombreux morceaux peuvent être à la fois rattachés à chacun des deux styles : le rock des débuts est souvent un blues joué sur un tempo plus rapide et avec un rythme binaire au lieu du rythme ternaire blues. De plus, le rock ne suit pas nécessairement la structure d'accords blues I-IV-V (voir plus haut), même si cela arrive souvent. Beaucoup de musiciens de rock and roll des premiers temps, comme Ike Turner, Carl Perkins, Chuck Berry ou Elvis Presley, ont commencé par pratiquer le blues, et ont continué à le jouer tout au long de leur carrière.
Dans les décennies qui ont suivi, le blues est resté une grande source d'inspiration pour les musiciens rock. Le rock and roll lui doit même en partie sa « renaissance » au début des années 60, avec le mouvement du British Blues Boom. Quasiment tous les musiciens de rock de cette époque se sont très fortement inspirés du blues, et certains, tels les Rolling Stones, Eric Clapton ou les Animals, ont même commencé par jouer exclusivement ce style, avec souvent pour seule différence avec les morceaux originaux un tempo très accéléré, une pratique connue à l'époque sous le nom de « rave-up »[3]. Ainsi, de nombreux morceaux figurant sur les albums de groupes très célèbres de l'époque sont en fait des classiques du blues quelque peu remaniés... même si les pochettes «oublient ... » souvent d'en mentionner les véritables auteurs ! C'est le cas notamment des Rolling Stones, avec des chansons comme Little Red Rooster, I'm a King Bee ou Love in Vain, qui, aujourd'hui encore, leur sont bien plus souvent associées qu'à ceux qui les ont écrites.
Cette influence que certains, notamment parmi les mouvements d'émancipation des noirs américains, ont qualifiée de « pillage », s'est poursuivie dans les années 70 et au delà, avec de nombreux groupes à cheval sur le rock et le blues. Ainsi, le groupe de hard rock londonien Led Zeppelin a largement assis son répertoire sur le blues : leur premier album éponyme était presque exclusivement constitué de reprises de classiques du genre, bien que les membres du groupe soient cités comme auteurs de tous les morceaux ! La vérité a depuis été en partie rétablie par des procès perdus par le groupe.
Au delà de la simple reprise de morceaux, le blues a eu une influence déterminante sur la manière de jouer du rock, notamment dans les années 60. Ainsi, les guitaristes de rock utilisent encore aujourd'hui très largement les techniques instrumentales et les gammes du blues dans leur jeu. La très forte expressivité de cette manière de jouer la rend en effet pertinente même dans des contextes musicaux sans aucun rapport avec le blues originel.
Aujourd'hui encore, l'influence du blues est omniprésente dans le rock, parfois de manière évidente comme pour des groupes comme les White Stripes ou The Black Keys, dont il constitue une grande partie du répertoire.
Le blues en France [modifier]
En France, des artistes comme Benoît Blue Boy, Patrick Verbeke, Bill Deraime, Cisco Herzhaft ou Paul Personne incarnent avec succès une vision francophone du blues, mais bien entendu très influencée par la musique américaine. Côté instrumental, l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau est un performer internationalement apprécié et enregistre plusieurs albums qui font référence. À la guitare, Patrick Verbeke est un spécialiste reconnu du blues, Cisco Herzhaft au slide et style ragtime, et Jean-Pierre Danel, bien que non exclusivement bluesman, démontre sa maîtrise du genre dans "Guitar Connection 2" avec le titre "NZ Girl Blues", des duos acoustiques avec Hank Marvin, ou sa reprise instrumentale de "Toute la musique que j'aime " de Johnny Hallyday.
Le blues dans la musique pop
On peut voir l'influence des blues dans les chansons de Harold Arlen, de Blues in the Night; DeSylva, Brown, and Henderson, Birth of the Blues; et dans quelques chansons des The Beatles
Le blues dans la musique country
On peut voir l'influence des blues dans les chansons de Jimmie Rodgers, Hank Williams et Doc Watson.
Le blues dans la musique classique
On peut voir l'influence des blues dans la musique de Maurice Ravel (sa Sonate pour violon et piano), George Gershwin (son Rhapsody in Blue, le Concerto en fa majeur, et Porgy and Bess) et dans la musique d'Arthur Honegger (Pacific 231).
L'influence des blues sur le cinéma
Le blues a également influencé le cinéma, surtout aux États-Unis. Le film Crossroads (Walter Hill) (1986) montre le mythe sulfureux du pacte avec le diable. Bande son de Ry Cooder et duel mythique entre le héros du film Ralph Macchio et Steve Vai en personne. Le fameux pacte de Robert Johnson est évoqué dans le film O'Brother, de Joel Coen.
Les deux films de John Landis, Blues Brothers (1980) et Blues Brothers 2000 (1998), qui dressent un panorama de différents styles et mettant en scène une pléthore de vedettes, ont eu une importante influence sur l'image du blues.
En 2003, déclarée « année du blues » aux États-Unis, Martin Scorsese produit une série de sept films documentaires sur le blues intitulée The Blues, a Musical Journey :
The Soul of a Man, de Wim Wenders, à propos de Skip James, Blind Willie Johnson et J.B. Lenoir,
La Route de Memphis (The Road to Memphis), de Richard Pearce, qui traite plus particulièrement de BB King (titre français La Route de Memphis),
Du Mali au Mississippi (Feel Like Going Home), de Martin Scorsese, sur les origines africaines du blues (titre français Du Mali au Mississipi),
Devil's Fire (Warming by the Devil's Fire), de Charles Burnett, une fiction sur le conflit du blues et du gospel,
Red, White and Blues, de Mike Figgis, sur le blues britannique (Tom Jones, Van Morrison),
Godfathers and Sons, de Marc Levin, sur le Chicago Blues et le hip hop,
Piano Blues, de Clint Eastwood, sur les pianistes de blues (Ray Charles, Dr. John). ********